Le 10 mai 2026, Tiphaine Gingelwein nous faisait l’honneur d’un JudoAKD#052 intitulé Tchétchénie et Caucase versant féminin, en nuances et en complexité. Le titre sonnait long pour les habitués du scrolling vertical. Il était en fait presque réducteur tant cette thésarde française de 24 ans, autrice en 2024 d’un mémoire de deux cents pages consacré à “La pratique contemporaine des sports de combat chez les Tchétchènes” pour l’Inalco (Institut national des langues et civilisations oientales), avait de choses à dire sur cette région du monde qu’elle arpente depuis plusieurs années judogi à l’épaule. Les tours du monde ? Elle laisse cette ambition à d’autres. Son champ d’action à elle est plus circonscrit, mais elle sait d’instinct qu’elle n’aura pas trop d’une vie entière pour en faire la complète exégèse.
Déjà présente aux Europe de Tbilissi en avril d’où elle nous avait fait parvenir les sous-titres et le contexte de certaines réactions du public local, elle a remis ça début octobre aux mondiaux de Bakou. Avec une promesse convenue ensemble quelques temps avant : celle du présent journal de bord, chronique minutieuse et sincère de choses vues, entendues et ressenties sur place ou à plusieurs heures de route. Une virée en Azerbaïdjan, attentive et inattendue. Qu’elle en soit ici remerciée. – JudoAKD#065.
Une version en anglais de ce journal de bord est disponible ici.
Avant le départ : contexte
Je pars en Azerbaïdjan pour la seconde fois, toujours dans le cadre de ma thèse effectuée à l’Université de Bordeaux et consacrée aux luttes sud-caucasiennes. Mes deux séjours font l’objet d’un financement du département ECOr de l’Université.
Mon premier séjour a eu lieu cet été, du 26 juillet au 3 août. J’avais assisté au championnat du monde de lutte U17 et visité deux clubs de judo bakinois (JC Atilla et JC 2012), ainsi que le Comité Deaflympique national. Le vice-président du comité, Fariz Huseynov, est l’ancien président du JC 2012, que j’avais contacté il y a presque deux ans alors que j’étais censée me rendre en Azerbaïdjan pour le Grand Slam de Bakou 2025, séjour annulé suite à la confiscation et l’incinération de mon passeport après une erreur de la préfecture…
Mon second et présent séjour a lieu du 1er au 15 octobre. Il coïncide avec le championnat du monde de judo, qui se déroule dans la capitale azerbaïdjanaise du 4 au 11 octobre. Je prévois d’assister à quelques journées de compétition afin de mener quelques observations pour ma thèse, mais également de visiter quelques structures sportives – dont j’ai obtenu l’accord – en dehors de Bakou.
Étape 1/6 – De l’Imérétie à Gusar (29 septembre-1er octobre)
Depuis août, je suis installée à Samtredia, en Géorgie. Je travaille sur ma rédaction de thèse et m’entraîne au judo tous les jours. Même si l’aéroport de Koutaïssi est tout proche, il n’y a pas de vols directs pour Bakou, et je dois donc partir de Tbilissi. Je m’y rends le 29 septembre en train, afin de passer un peu de temps dans la capitale où j’ai vécu huit mois. J’avais prévu une soirée calme et une nuit longue puisque la nuit suivante sera blanche, mon vol étant prévu à deux heures du matin. Je suis cependant embarquée à la lutte, puis pour un dîner, puis dans une balade en Harley jusqu’au monastère de Djvari, vieux de quinze siècles et qui surplombe Mtskheta, l’ancienne capitale. La nuit n’est que de cinq heures, et je passe la journée suivante à travailler dans un café, jusqu’au soir où je grimpe sur la colline qui surplombe la vieille ville et depuis laquelle on voit tout Tbilissi. Un orage m’y surprend et précipite mon départ vers l’aéroport, où je prends mon vol à deux heures du matin.
J’arrive à Bakou une heure plus tard. Une fois les contrôles passés – sans problème, comme lors de mon premier séjour – je tente de dormir sur les sièges de l’aéroport, sans succès. Je décide alors de prendre mon mal en patience, de carburer au café et de partir pour la gare routière dès que l’heure me paraît raisonnable. Après une heure vingt de taxi dans les bouchons, un billet acheté tant bien que mal dans mon azéri plus que rudimentaire, trois heures et demie de route durant lesquelles je somnole plus ou moins, j’arrive à Gusar, capitale du rayon (district) du même nom, près de la frontière daghestanaise. Nous sommes à trois jours du début des mondiaux.

Étape 2/6 – Gusar, chez les Lezguines (1er-3 octobre)
Le rayon de Gusar fait partie des territoires peuplés par les Lezguines, un peuple vivant à cheval sur le Sud du Daghestan et le Nord de l’Azerbaïdjan. Comme je l’ai fait dans la vallée du Pankissi en Géorgie, je m’intéresse à la manière dont les minorités ethniques peuvent exprimer leur identité dans le sport. J’ai donc contacté la section de judo de l’école sportive publique locale, dont l’un des entraîneurs a gracieusement accepté de m’accueillir.
À peine arrivée, Hajibala Sultanov me récupère donc et me présente la ville. Il me fait faire le tour des installations sportives locales. Nous commençons par l’école sportive, publique et gratuite. Le bâtiment date d’avant la révolution de 1917 et a beaucoup évolué. Sa dernière rénovation date d’il y a seulement quelques années. L’école comporte un dojo de deux surfaces, et une petite salle de lutte gréco-romaine. Alors que j’assiste à l’entraînement de judo donné par Hajibala – qui monte sur le tapis et s’échauffe avec ses élèves, chose rare au Caucase – un vieil homme entre dans la salle. Il m’est présenté comme le premier entraîneur de judo de l’école, mais également l’un des tout premiers entraîneurs de judo en Azerbaïdjan, dans les années 1970.

Hajibala me conduit également au Complexe sportif olympique de Gusar, construit dans les années 1990. La Fédération azerbaïdjanaise de judo y a récemment fait construire un dojo. Au Complexe, les sections sont payantes. Après avoir assisté à une partie de l’entraînement de judo, Hajibala me montre les sections de lutte gréco-romaine et de boxe, qui s’entraînent dans des conditions plutôt spartiates, et la piscine, dont l’architecture me plaît tout particulièrement. Immobile, vide, grise, de grands panneaux illustrant des plongeons, les seules touches de couleur sont apportées par les lignes d’eau et le grand drapeau azerbaïdjanais qui tombe du plafond.
Dans les deux structures, en fait, dans tout l’espace public azerbaïdjanais, impossible de rater les nombreux portraits de Heydar et Ilham Aliyev. Père d’Ilham, actuel président du pays, Heydar fut le dirigeant du KGB de 1967 à 1969, puis le Premier secrétaire du Parti Communiste de la République socialiste soviétique d’Azerbaïdjan de 1969 à 1976, membre du Politburo du Parti Communiste de l’URSS de 1976 à 1982, vice-premier ministre de l’URSS jusqu’en 1987, et enfin président de l’Azerbaïdjan post-soviétique de 1993 à 2003. Son fils Ilham lui succède à la présidence, deux mois avant sa mort. Heydar Aliyev est toujours considéré comme le « leader national » et est au centre de nombreuses célébrations, et je verrai durant mon séjour son portrait absolument partout : dans des salles de sport, des bâtiments publics, des cabinets médicaux et au bord de routes désertiques.

Les deux journées que je passe à Gusar se concluent par des dîners au restaurant avec Hajibala et le personnel de l’école sportive. Ils me font découvrir les spécialités culinaires lezguines (lezguiennes en bon français, mais je préfère la sonorité russe). Ne comprenant pas vraiment l’azéri et manquant de sommeil, j’ai mis plusieurs heures à me rendre compte que personne ne parle azéri à Gusar, les conversations se font en lezguine. Ces dîners sont le théâtre de quelques discussions intéressantes sur le sport, l’histoire ou la religion. Hajibala déplore les prix pratiqués lors du championnat du monde de judo à venir : les places étaient annoncées à 5 manats (2,5 euros), les prix montent en réalité bien plus haut. La religion prend beaucoup de place chez certaines jeunes et peut interférer avec le judo : quelques-uns estiment ne devoir s’incliner que devant Dieu et refusent le salut. Le deuxième soir, une conversation m’amuse. Je rencontre l’un des entraîneurs de lutte gréco-romaine de l’école, dont je m’étonne du prénom : Tigran. Nous sommes en Azerbaïdjan et c’est un prénom… arménien.
Les obligations professionnelles d’Hajibala et la météo l’auront empêché de me conduire dans un village proche de la frontière où un entraîneur a construit une salle de judo, et de m’emmener à Shahdag, le sommet montagneux local. Le 3 octobre au matin, je quitte la pluie de Gusar pour rentrer à Bakou, où je trouve l’entrée de mon logement inondée par la pluie qui m’a suivie.
Étape 3/6 – Bakou, premiers jours du championnat individuel (3-8 octobre)
À Bakou, j’aperçois des pubs pour le championnat de judo sur les bus de la ville. À plusieurs endroits, on voit que Bakou est la « capitale mondiale du sport » 2026. Elle est en effet devenue une vraie ville sportive depuis dix ans : en 2015 elle accueille les premiers Jeux européens, en 2017 les Jeux de la solidarité islamique, en 2019 le Festival olympique de la jeunesse européenne, et elle est une étape annuelle du circuit de Formule 1 depuis 2016. Côté judo, la capitale azerbaïdjanaise est une étape annuelle du World Judo Tour, avec un Grand Slam depuis 2013, et la ville a déjà accueilli le championnat du monde en 2018. Anthony y était et me dit que les tribunes de l’Arène nationale de gymnastique lui avaient parues à l’époque assez clairsemées, je peux dire qu’elles sont aujourd’hui bien pleines. Peut-être grâce aux nombreuses publicités dans la ville et les médias locaux, mais peut-être aussi parce que le pays a doublé son nombre de champions olympiques depuis 2018.
Ayant dû acheter mes billets un peu tard, il ne reste que peu de places pour le premier jour, et je me retrouve sans place pour le deuxième. Je n’assiste à la compétition que grâce à l’aide de Fariz, doté de places supplémentaires. Sur l’application qui permet d’acheter des places, il y a bien un onglet à 5 manats, mais cela ne concerne en réalité que peu de places, et elles ont toutes été prises d’assaut. Les prix restant varient de 20 à 70 manats (10 à 35 euros). Une fois rentrés, personne ne respecte en fait réellement sa place attitrée.

Les deux premiers jours, je me trouve donc une place assez sympathique avec une superbe vue sur le tapis 1, celui où auront lieu les finales. D’ici, j’assiste aux premiers combats de Balabay Aghayev, 1er au ranking en -60 et représentant de la nation hôte. Il est malheureusement sorti dans les tours éliminatoires par le jeune Jonathan Yang (USA) sur un bel ippon en golden score. La journée se conclut néanmoins par une victoire azerbaïdjanaise : Ahmad Yusifov remporte l’or face à Sherzod Davlatov (KAZ), alors qu’il était mené au score d’un waza ari. Lorsqu’il contre puis immobilise Davlatov, la salle explose autour de moi, et la vue sur le tapis m’est presque bouchée par tous les drapeaux azerbaïdjanais qui s’agitent. L’organisation a en effet distribué quantité de drapeaux de différentes tailles. Je me retrouve moi-même avec un petit drapeau (et des Oréos) offert(s) par les enfants assis à côté de moi, auxquels j’ai prêté ma batterie externe.
Même lorsqu’il ne s’agit pas d’une finale mondiale, les tribunes sont assez animées. Bien sûr, dès qu’un ou une judoka azerbaïdjanais.e combat, les supporters locaux l’encouragent et jouent du tambour et des cornes de brume, mais ils portent parfois leur dévolu sur des judokas étrangers. Les encouragements adressés à Izhak Ashpiz (ISR), opposé à Giorgi Sardalashvili (GEO) ne sont-ils pas liés à la victoire très litigieuse du Géorgien face à Aghayev au récent championnat d’Europe à Tbilissi ? Il n’y a, bien sûr, pas que des supporters locaux dans le public. On voit un certain nombre de drapeaux géorgiens et, Caucase oblige, quelques drapeaux qu’un œil non-connaisseur ne reconnaîtrait pas. Quelques spectateurs brandissent ainsi, en plus des drapeaux russe ou azerbaïdjanais, un drapeau tcherkesse ou ossète. Le drapeau tcherkesse, vert et orné d’étoiles et de flèches, est brandi par un spectateur lors des combats d’Ayub Bliev (RUS -60), représentant de l’ethnie kabarde, branche orientale des peuples circassiens (français) / tcherkesses (russe) / adyguéens (endonyme) et tombeur d’entrée du champion d’Europe, le Français Luka Mkheidze. Plus tard dans la compétition, on pourra apercevoir plusieurs drapeaux ossètes, aux trois bandes horizontales blanche, rouge et jaune, à destination de six judokas : Zelim Tçkaev (AZE -81), Zelym Kotsoiev (AZE -100), Madina Kaisinova (AZE -70), Theódoros Tselidis (GRE -90), Madina Taimazova (RUS -70), et Inal Tsaoev (RUS +100).

La présence d’Ossètes – natifs d’Ossétie du Nord, donc de la Fédération de Russie – dans l’équipe azerbaïdjanaise attire certains commentaires sur les réseaux sociaux, qui les qualifient de « légionnaires » plutôt que de « vrais » représentants de l’Azerbaïdjan. La remarque n’est pas infondée, et il est vrai que le recrutement d’athlètes étrangers est commun dans le sport azerbaïdjanais. En plus des Ossètes ayant auparavant représenté la Russie, l’équipe de judo compte Ushangi Kokauri (+100), qui concourrait avant pour la Géorgie. La seule médaille olympique du judo féminin azerbaïdjanais est aussi le fruit d’une « légionnaire », Iryna Kindzerska, qui représentait avant cela l’Ukraine. Cette logique s’applique à d’autres sports, dont la lutte – notamment féminine –, et c’est justement parce que je connais bien l’un des « légionnaires » géorgien de l’équipe de lutte azerbaïdjanaise, que j’ai été convaincue de me rendre dans le pays.
Le deuxième jour, les tribunes sont particulièrement bruyantes parce que combattent Hifumi et Uta Abe. La salle leur est entièrement dévouée. Ou presque. À ma gauche, un groupe de Français, parmi lesquels Kelvin Ray, qui a mené Hifumi au golden score dès le premier tour avant de prendre un troisième shido. Son entourage semble estimer que si Hifumi a l’air quelque peu fatigué sur le tapis, c’est parce que Kelvin l’a épuisé. Peut-être, parce qu’Hifumi semble se réveiller lentement, remportant deux combats aux pénalités et deux autres sans ippon, avant de mettre une boîte à David Garcia Torne (ESP) en finale. Et, justement, des Espagnols sont assis à ma droite. Huit ans plus tôt, dans la même salle, l’Espagne décrochait son premier titre mondial masculin grâce à Nikoloz Sherazadishvili (-90). Cette année Garcia Torne rate le coche, de même qu’Ariane Toro Soler dans la finale féminine. Elle y est opposée à Uta Abe, qui s’impose aux shidos. En demi-finale, Uta avait défaite une autre Espagnole, Ayumi Leiva Sanchez, qui monte aussi sur le podium.
Dans les tribunes, l’une des Espagnoles était parvenue à convaincre deux petits garçons azerbaïdjanais armés de cornes de brume d’encourager « Ari » pour sa demi-finale. Elle espérait qu’ils continueraient d’encourager les judokas espagnols avec elle, mais se voit opposer un regard presque outré lorsque cela implique d’être contre Uta Abe. Fin, donc, de cette brève camaraderie. Les enfants ne font que suivre l’avis général dans la salle : elle est tout acquise à Uta, et lorsqu’en quart de finale Mascha Ballhaus (GER) la projette et marque waza ari sur une « Khabareli » (obi tori gaeshi), les tribunes redoublent d’encouragement inquiets avant de s’apaiser lorsque tombe un troisième shido pour Ballhaus, à dix secondes de la fin du temps. Uta et Hifumi (re)deviennent ainsi champions du monde tour à tour le même jour, comme la première fois il y a huit ans à… Bakou.

Ce deuxième jour est aussi celui de la cérémonie d’ouverture. Celle-ci commence par des applaudissements à Ilham Aliyev, le président, qui nous salue depuis la tribune VIP. Nous regardons ensuite un film de trois minutes sur « le développement du sport et du judo en Azerbaïdjan », composé d’images d’archives du sport azerbaïdjanais et notamment des victoires olympiques des judokas Nazim Huseynov (1992), Elnur Mammadli (2008), Hidayat Heydarov (2024) et Zelym Kotsoiev (2024). Celles-ci sont entrecoupées par des images montrant Heydar puis Ilham Aliyev inaugurant des complexes sportifs ou récompensant des athlètes. S’en suivent les discours du Rashad Nabiyev, président de la Fédération azerbaïdjanaise de judo, et Marius Vizer, président de l’IJF, puis la cérémonie commence réellement. Elle prend la forme d’une succession de huit tableaux de danses traditionnelles et plus modernes. Pour chacun des tableaux, une femme vêtue d’une robe particulièrement travaillée se tient sur un podium. Ces robes, créées par la designer Laman Suleymanova pour la cérémonie, font le lien avec le Musée national du tapis, consacré au tissage, reconnu patrimoine culturel immatériel de l’Azerbaïdjan par l’Unesco.

C’est aussi le cas de l’une des danses que je reconnais sous le nom de kotchari, pour l’avoir vue à de nombreuses reprises en Arménie. En Azerbaïdjan, on la nomme köçəri. Arménie et Azerbaïdjan ont fait inscrire cette danse collective chacun de leur côté, dans la recherche d’exclusivité d’un patrimoine culturel en réalité partagé par les habitants des deux pays. Ce conflit patrimonial s’étend à d’autres éléments, notamment culinaires : le lavash (pain plat) ainsi que les dolmas (feuilles de vigne farcies) sont inscrits à l’Unesco pour les deux pays, et prolongent ainsi dans le patrimoine un conflit qui dure entre les deux pays depuis 1988, avec une paix signée en 2025 mais des tensions toujours présentes.
D’ailleurs, l’absence de judokas arméniens peut interroger – même si leur classement laissait peu d’espoir quant à leur qualification – dans un contexte où les sportifs arméniens ou d’origine arménienne ont souvent renoncé à concourir en Azerbaïdjan. En juillet, j’avais pourtant assisté au championnat du monde de lutte U17, où l’équipe d’Arménie était présente et où le jeune Janes Nazaryan avait même remporté l’or, faisant résonner l’hymne arménien en Azerbaïdjan, certainement un événement historique. Au championnat de judo, certains compétiteurs sont d’origine arménienne : Narek Vardanyan (SWE -73), mais surtout Arman Adamian (RUS -100), qui sort le champion olympique Zelym Kotsoiev (AZE) dans les tours éliminatoires. La petite démonstration virile qui s’ensuit entre les deux est-elle liée au très douteux yuko attribué à Adamian, au fait d’avoir vaincu le favori local, ou bien au fait qu’un judoka russe d’origine arménienne s’impose en Azerbaïdjan face à un judoka certes ossète, mais concourant sous drapeau azerbaïdjanais ? Une scène bien représentative de la complexité ethnoculturelle régionale et des tensions qu’elle suscite parfois.


La cérémonie d’ouverture se poursuit par une belle interprétation de l’hymne azerbaïdjanais par un cœur d’enfant, puis s’achève sur un concert donné par le chanteur italien Al Bano. Tous les jours, la pause aura accueilli les concerts d’artistes locaux. L’un des jours où je m’absente, une animation permet au public de découvrir le travail de la Fédération azerbaïdjanaise de judo autour du judo adapté, notamment à travers un programme lancé en 2024. Celui-ci s’inscrit dans la lignée de projets inclusifs portés par la fédération nationale, un autre exemple étant la promotion du judo auprès des jeunes filles en partenariat avec l’opérateur téléphonique Azercell à travers une campagne nommée « Le blanc va bien aux filles ». Celle-ci devait convaincre les parents de troquer les robes de mariées pour des judogis, dans un pays où le mariage des mineures reste un problème…
Les troisième et quatrième jour, je trouve une autre place dans les tribunes, depuis laquelle j’ai vue sur toute la longueur de la salle. J’y assiste à la défaite du champion olympique azerbaïdjanais – et azéri – Hidayat Heydarov (-73), au grand dam du public. Il se consolera néanmoins à la fin de la journée avec la médaille de bronze de Rashid Mammadaliyev, autre judoka local. En sortant de sa place de trois, il accorde un peu de temps aux enfants qui ont dévalé les tribunes en espérant attirer son attention, et se retrouve au centre d’une marée de petits supporters, qui me fait sourire et me fait manquer le ippon de notre compatriote Dayyan Boulemtafès (FRA) pour le bronze. Toujours de ce coin de salle, j’assiste à la malheureuse sortie sur civière de Sarah-Léonie Cysique (-57), et aux impressionnantes projections d’Eter Liparteliani (GEO), qui perd son dossard rouge en finale face à Akari Omori (JPN). Les supporters Géorgiens seront vengés le lendemain par Tato Grigalashvili (-81) qui, lui, récupère son dossard rouge après l’avoir concédé l’année dernière à Timur Arbuzov (RUS), absent de ce championnat. Alors que des rumeurs évoquent une exclusion pour dopage, Arbuzov annonce avoir en fait avoir décidé de passer en -90, ce que Grigalashvili commente en disant qu’il ira le chercher là-bas, lui qui concourt déjà parfois dans la catégorie avec succès. Toujours depuis mon bout de salle, j’assiste au retour de Clarisse Agbegnenou (FRA), qui ne finit malheureusement pas sur le podium, et dont on ne saura toujours pas si elle, qui a tout gagné, serait celle qui saurait mettre fin à l’impressionnant parcours de Haruka Kaju (JPN), qui remporte l’or pour la seconde fois et reste invaincue sur la scène internationale depuis ses débuts au Grand Slam de Tokyo 2024.

Lorsque je n’assiste pas au championnat, je visite à nouveau Bakou. Si l’on ne sait pas que l’Azerbaïdjan est une ancienne république soviétique, on aurait du mal à le deviner : à la différence de Erevan et Tbilissi, les capitales des pays voisins, Bakou ne garde que peu de traces de l’architecture soviétique. On reconnaît surtout la ville à son architecture moderne, et on me l’a vendue comme un « Dubaï » caucasien. En effet, des buildings ultra-modernes s’élèvent le long du « boulevard » (le bord de mer). Cette architecture abrite surtout des centres commerciaux, certes impressionnants (le Deniz Mall en forme d’étoile ou de fleur, et le Crescent Mall en forme de croissant de lune), mais dont la visite ne m’intéresse guère. L’Allée des Martyrs m’attire plus, par le contraste qu’elle offre entre vue panoramique sur la ville et le bord de mer, tombes des victimes de Janvier Noir (une répression soviétique meurtrière sur Bakou le 20 janvier 1990), une mosquée de style ottoman de laquelle s’élève un adhan (appel à la prière) particulièrement beau, et les Flame Towers, trois tours qui s’illuminent la nuit. La vieille ville est peut-être le quartier le plus intéressant, avec ses petites ruelles et ses vieux palais, mais c’est un petit écrin dans une ville ultra-moderne qui manque quelque peu de nature à mon goût. Lors de mes promenades, j’aperçois à plusieurs reprises des panneaux publicitaires affichant le portrait d’Ahmad Yusifov, dès le lendemain de sa victoire.

Un soir, je suis invitée par Khayyam Orujov, entraîneur de l’équipe de zorkhana, à découvrir les instruments de zorkhana à l’Académie nationale du sport. La zorkhana est une série d’exercices traditionnels développés alors que l’Azerbaïdjan faisait partie de l’Empire perse séfévide. En persan, zurkhaneh signifie « maison de force », et désigne des établissements dans lesquels les lutteurs s’entraînaient. Les exercices de zorkhana incluent divers instruments, dont la maîtrise est devenue un véritable art et une pratique sportive indépendante de la lutte en Iran. Disparue de l’Azerbaïdjan soviétique, la zorkhana est aujourd’hui développée et repopularisée par Khayyam, grâce auquel elle – et le milli güləş, la lutte qu’elle accompagne traditionnellement – ont figuré aux Jeux de la solidarité islamique de Bakou en 2017 et aux Jeux mondiaux nomades en 2016 et 2026. Lors de mon tout premier jour à Bakou, en juillet, j’étais tombée sur une représentation de jeux traditionnels dans la vieille ville, où j’avais reconnu les miller, lourdes masses en bois utilisées en zorkhana, et fait connaissance avec un élève de Khayyam.
Étape 4/6 – Ganja (8-10 octobre)
Après cinq jours à Bakou, je pars pour la deuxième ville du pays, Ganja. La route dure environ cinq heures en bus et traverse des régions plutôt désertiques. Le paysage verdit peu à peu dans les environs de Ganja, dont l’approche est indiquée par d’énormes murailles de part et d’autre de l’autoroute, puis par une succession de murs représentant des illustrations des œuvres de Nizami Ganjavi, poète médiéval persan originaire de la ville.
Ma voisine de bus partage ses biscuits avec moi pendant le trajet, comme cela arrive régulièrement dans les bus et minibus caucasiens. Elle me conseille sur ce que je dois visiter à Ganja, puis me prévient que les taxis à la gare routière essaieront de m’arnaquer car je suis étrangère. Elle descend donc avec moi pour rembarrer les chauffeurs qui se jettent sur nous à la sortie du bus. Après s’être assurée de l’endroit où je dois me rendre, elle rappelle l’un d’entre eux, avec qui elle vient pourtant de se disputer, pour me confier à lui. Très gentil, il s’excuse de nous avoir sauté dessus, mais me dit que c’est habituel ici, car les gens sont pauvres et ont besoin de clients.

Une fois installée, il fait déjà nuit mais je sors visiter le centre-ville. Sur la place centrale, la place Heydar Aliyev, je tombe sur un festival de volleyball accompagné d’un dj-set techno, une image assez inattendue. Je poursuis ma visite le lendemain, et peux contempler le mélange des architectures entre vieilles mosquées, philharmonie baroque et, plus loin du centre-ville, les récents complexes sportifs. Sur le chemin, j’erre dans de petites ruelles pleines de fumée à l’heure du déjeuner : les habitants ont sorti leurs mangals (barbecues caucasiens) et font cuire leurs brochettes dans la rue. Je tombe aussi sur l’entrée d’un club de kickboxing devant lequel quelques panneaux m’interpellent. Le premier indique d’abord « Qarabağ Azərbaycandır » (“le Karabagh est à l’Azerbaïdjan“), un autre affiche le portrait d’un jeune şahid (martyr décédé à la guerre, originaire de la ville et qui devait certainement s’entraîner au club), et le dernier fait la publicité du kickboxing pour lutter contre la toxicomanie et la délinquance infantile, slogan qui paraît presque sorti de l’époque soviétique.
Si je n’ai obtenu aucune réponse de la part du complexe olympique de Ganja, je passe tout de même y jeter un œil, ainsi qu’au tout récent Palais des sports (ouvert en 2024). Une fois les bâtiments photographiés, je décide d’aller explorer le parc Heydar Aliyev, dont l’entrée se trouve entre les deux complexes sportifs. Le parc est gigantesque et s’ouvre sur une grande arche dédiée à l’ancien président, dont la taille doit approcher celle de l’Arc de triomphe. Le parc donne une impression d’immensité vide, puisqu’il y a plus de gardes et d’agents d’entretien que de promeneurs, et toute la verdure y est comme taillée au ciseau. Au bout, le centre culturel Heydar Aliyev accompagné de sa statue, bâtiment et statue que l’on trouve dans chaque ville azerbaïdjanaise.

Étape 5/6 – Bakou, le tournoi par équipes (10-12 octobre)
Après cette courte découverte de Ganja, je retourne à Bakou afin d’assister au dernier jour de compétition, le tournoi par équipes. J’assiste aux défaites prématurées de la France, qui nous avait habitué jusqu’à il y a deux ans à une systématique finale contre le Japon. Ici, les Français perdent contre la Russie, puis contre la Géorgie. La confrontation en repêchage est surprenante vue depuis le public. Alors que les Français menaient 3-1 face à aux Géorgiens dont deux sont éclopés, Eter Liparteliani accorde l’égalité à son équipe avec une victoire express sur Martha Fawaz. Je filme son combat en plan large, de sorte à avoir dans le cadre Sopho Somkhishvili, visiblement blessée à la hanche et recevant des soins alors qu’elle est au sol, et Lasha Bekauri, claudiquant sur son genou blessé. Malheureusement pour lui, c’est sa catégorie des -90 kg qui est tirée au sort pour départager les équipes. Il s’impose face à Aleksa Mitrovic, dont le passif médical (sept opérations aux ligaments croisés) explique très certainement ses réticences à s’acharner sur Bekauri qu’il avait pourtant joliment projeté au début de leur première confrontation, quelques minutes plus tôt. Alors qu’il rentre timidement une sorte de kata guruma, il se fait contrer par le Géorgien qui se relève et regagne sa place à cloche-pied dans une scène qui paraît presque surréaliste. Il sort ensuite de la salle porté par ses coéquipiers, sous les applaudissements du public.
Sans surprise, c’est le Japon qui s’impose à la fin de la journée, face à une Russie dont l’unique victoire aura été remportée par Tamerlan Bashaev, que j’aurai enfin pu voir combattre de mes propres yeux. Sa cousine, que je connais bien, me dit que je devrais aller le voir puisqu’elle lui a parlé de moi, mais quand bien même j’aurais accès aux athlètes, je n’assiste pas à la finale puisque je suis invitée au restaurant par des amis, puis dois rentrer me préparer pour mon départ pour Astara le lendemain.

Étape 6/6 – Astara, à la frontière iranienne (12-15 octobre)
Au moment de partir pour Astara, j’ai l’impression d’avoir du mal à accéder à ma messagerie sur les réseaux sociaux. Dans le bus, j’ai le temps de me renseigner : quelques jours auparavant, le gouvernement azerbaïdjanais a adopté l’interdiction du port du hijab dans les écoles et les élèves et professeures le portant se voient refuser l’accès aux établissements scolaires. Plusieurs manifestations ont eu lieu, il y a eu des interpellations et l’accès aux réseaux sociaux est désormais restreint. Heureusement, j’ai un VPN, et je m’éloigne de Bakou. Le paysage qui entoure la capitale est extrêmement désertique, et seulement agrémenté de quelques énormes complexes industriels, cimenteries, raffineries de pétrole et gaz. Le paysage verdît à mesure que l’on descend vers le Sud, jusqu’à Lankaran où il devient subtropical, et où poussent mandarines, kiwis et grenades.
Astara est à une trentaine de kilomètres au Sud de Lankaran, au bord de la mer, et est coupée en deux par la frontière : une partie de la ville est en Azerbaïdjan, l’autre en Iran. Je suis libre tout mon premier jour à Astara, je décide donc d’aller voir à quoi ressemble cette frontière. Pour ce faire je marche quatre kilomètres depuis mon hôtel à travers la ville. Les extérieurs sont quelque peu délabrés, de même que la plage de la ville. J’atteins enfin le « boulevard », bord de mer aménagé, qui se termine tout proche de la frontière par un mur. Je le longe jusqu’à me retrouver dans un petit parc, entre le parking du poste-frontière où je vois les camions attendre, et le mur derrière lequel on aperçoit un mirador. Dans cet environnement austère et un peu menaçant, le parc contient tout de même des appareils de street workout et une aire de jeu pour enfants. Le reste de la ville est commun à toutes les villes azerbaïdjanaises de province : un bazar de rue, une place avec sa statue et son centre culturel Heydar Aliyev, des vieilles Lada, un complexe olympique.

Le complexe olympique est excentré, et pour m’y rendre je dois arpenter des rues en terre et slalomer entre le bétail et les oies en liberté. Je suis accueillie au complexe par Loghman Aghayev, entraîneur de lutte libre. Très accueillant, il me fait visiter le complexe et ses sections de lutte et de judo. Comme dans les autres complexes olympiques, la Fédération nationale de judo a mis en place une section afin de populariser le judo en province après l’Olympiade de 2024. Ces sections sont financièrement indépendantes des complexes et elles ne font qu’y louer une salle. Les entraîneurs sont payés par la Fédération, et non par le complexe. Contrairement à la section de judo, les sections de lutte sont gratuites.
Après avoir fait le tour du propriétaire, je suis invitée à assister à l’entraînement de lutte donné par Loghman et son collègue Samir et, pour la première fois de mes expéditions dans les salles de lutte caucasiennes, j’ai sous les yeux une véritable section féminine : sur la vingtaine d’élèves, presque un tiers sont des filles. Loghman m’explique longuement les spécificités de son travail avec la lutte féminine, au Caucase, dans un pays de culture musulmane et à quelques centaines de mètres de la frontière iranienne. Il me présente ainsi une jeune fille dont il me dit qu’elle était auparavant voilée, puis s’est prise d’affection pour la lutte en y accompagnant sa petite soeur et a décidé de la pratiquer avec le hijab, puis sans. Cette année, elle est vice-championne d’Azerbaïdjan chez les jeunes. Avec une section ouverte en 2021, Loghman est déjà parvenu à envoyer quelques lutteuses aux championnats d’Europe et du monde U15 et U17.

Après cette visite d’Astara, mon séjour en Azerbaïdjan touche à sa fin. La section de lutte locale est la dernière que je visite dans le cadre de mon enquête doctorale. La fin de ce travail de terrain est un peu mouvementée, puisque le retour à Bakou puis à Samtredia est quelque peu compliqué par l’absence de bus depuis Astara, des négociations en azéri avec un taxi jusqu’à Lankaran, un minibus pour Bakou, un douanier azerbaïdjanais qui s’interroge sur mon absence d’enregistrement administratif (nécessaire si l’on reste plus de quinze jours, je suis restée quinze jours pile), un vol pour Tbilissi, une arrestation par les douaniers géorgiens qui trouvent très étrange que je leur dise habiter à Samtredia et que j’aie des… dattes dans mon sac, et finalement une négociation avec un minibus pour Batoumi pour qu’il me dépose en chemin à Samtredia. Une fois chez moi, je pourrai finalement écrire ma thèse, mes observations en Azerbaïdjan permettant de compléter mon triptyque sud-caucasien. – Tiphaine Ginglewein, automne 2026, pour JudoAKD.
Une version en anglais de ce journal de bord est disponible ici.
Lire aussi, en français :
-
- JudoAKD#001 – Loïc Pietri – Le franc Français
- JudoAKD#002 – Emmanuelle Payet – Cette île en elle
- JudoAKD#003 – Laure-Cathy Valente – Lyon, troisième génération
- JudoAKD#004 – Retour à Celje
- JudoAKD#005 – Kevin Cao – La parole aux silences
- JudoAKD#006 – Frédéric Lecanu – Voix sur son chemin
- JudoAKD#007 – Shin Gi Tai – (Hier) AUJOURD’HUI (Demain)
- JudoAKD#008 – Annett Böhm – De l’autre côté
- JudoAKD#009 – Abderahmane Diao – Infinité de destins
- JudoAKD#010 – Paco Lozano – Le combat dans l’oeil
- JudoAKD#011 – Hans Van Essen – Monsieur JudoInside
- JudoAKD#012 – Judo aux JO 2024 – J1/8
- JudoAKD#013 – Judo aux JO 2024 – J2/8
- JudoAKD#014 – Judo aux JO 2024 – J3/8
- JudoAKD#015 – Judo aux JO 2024 – J4/8
- JudoAKD#016 – Judo aux JO 2024 – J5/8
- JudoAKD#017 – Judo aux JO 2024 – J6/8
- JudoAKD#018 – Judo aux JO 2024 – J7/8
- JudoAKD#019 – Judo aux JO 2024 – J8/8
- JudoAKD#020 – Après les Paralympiques – Post-scriptum.
- JudoAKD#021 – Benjamin Axus – Toujours vif
- JudoAKD#022 – Romain Valadier-Picard – La prochaine fois, le feu
- JudoAKD#023 – Andreea Chitu – Nos meilleures années
- JudoAKD#024 – Malin Wilson – Venir. Voir. Vaincre.
- JudoAKD#025 – Antoine Valois-Fortier – La constance du jardinier
- JudoAKD#026 – Amandine Buchard – Le statut et la liberté
- JudoAKD#027 – Norbert Littkopf (1944-2024), par Annett Boehm
- JudoAKD#028 – Raffaele Toniolo – Bardonecchia, en famille
- JudoAKD#029 – Riner, Krpalek, Tasoev – La guerre des trois n’a pas eu lieu
- JudoAKD#030 – Christa Deguchi et Kyle Reyes – Un trait d’union en rouge et blanc
- JudoAKD#031 – Jimmy Pedro – Il était une foi en l’Amérique
- JudoAKD#032 – Christophe Massina – Vingt années ont passé
- JudoAKD#033 – Teddy Riner/Valentin Houinato – Deux dojos, deux ambiances
- JudoAKD#034 – Anne-Fatoumata M’Baïro – Le temps d’une vie entière
- JudoAKD#035 – Nigel Donohue – « Ton temps est ton bien le plus précieux »
- JudoAKD#036 – Ahcène Goudjil – Au commencement était l’enseignement
- JudoAKD#037 – Toma Nikiforov – Les années Kalashnikiforov
- JudoAKD#038 – Catherine Beauchemin-Pinard – Le grade de grande sœur
- JudoAKD#039 – Vitalie Gligor – « La route prend celui qui marche »
- JudoAKD#040 – Joan-Benjamin Gaba et Inal Tasoev – Questions de mentalités
- JudoAKD#041 – Pierre Neyra – Il était une fois dans l’Ain
- JudoAKD#042 – Theódoros Tselídis – Entre Grand Caucase et mer Égée
- JudoAKD#043 – Kim Polling – Chronique des années de feu
- JudoAKD#044 – Kevin Cao (II) – Sur les traces d’Adrien Thevenet
- JudoAKD#045 – Nigel Donohue (II) – À propos du modèle Hajime-Matte
- JudoAKD#046 – Une histoire de violence(s)
- JudoAKD#047 – Jigoro Kano n’aurait pas dit mieux
- JudoAKD#048 – Lee Chang-soo/Chang Su Li (1967-2026), par Oon Yeoh
- JudoAKD#049 – Louves, de Cédric Balaguier – Leurs moments à elles
- JudoAKD#050 – Hermann Monne – Burkina, une terre déjà peuplée
- JudoAKD#051 – Mariana Esteves – Chronique de la vie qui passe
- JudoAKD#052 – Tiphaine Gingelwein – Tchétchénie et Caucase versant féminin, en nuances et en complexité
- JudoAKD#053 – Victor Scvortov – Renaître sous une bonne étoile
- JudoAKD#054 – Eric Gervasoni – Du cran à l’écran
- JudoAKD#055 – Mihael Žgank – C’est au moment du retour que les voyages commencent
- JudoAKD#056 – Patrick Grosperrin – La latéralité, levier méconnu de la performance
- JudoAKD#057 – Repose en paix, René Nazaret (1936-2026)
- JudoAKD#058 – Alexandre Paysan – On l’a vu dans le Vercors, sauter à l’élastique…
- JudoAKD#059 – Habib Alouache – Enseigner la joie
- JudoAKD#060 – Diyora Keldiyorova – Un autre grand pas pour l’humanité
- JudoAKD#061 – Angelika Szymańska – Avec cette retenue propre aux personnes en chemin
- JudoAKD#062 – Valentin Ménard – Le déclic, ce moment où les champions savent
- JudoAKD#063 – Loïc Pietri (II) – “Dire, c’est faire rire. Faire, c’est faire taire.”
- JudoAKD#064 – Deux histoires de judo et d’empathie
Et aussi :
- JudoAKDRoadToLA2028#01 – D’un vieux continent – Épisode 1/13 – Été 2025
- JudoAKDRoadToLA2028#02 – D’un vieux continent – Épisode 2/13 – Automne 2025
- JudoAKDRoadToLA2028#03 – D’un vieux continent – Épisode 3/13 – Hiver 2026
- JudoAKDRoadToLA2028#04 – D’un vieux continent – Épisode 4/13 – Printemps 2026
- JudoAKDRoadToLA2028#05 – D’un vieux continent – Épisode 5/13 – Été 2026
JudoAKD – Facebook – Instagram – X (Twitter).


